Face à l'horizon des catastrophes environnementales successives, à la perspective d'un enchaînement de crises ininterrompues, au pessimisme généralisé qui ne fait qu'augmenter, ne devient-il pas nécessaire de dépasser la simple critique du présent pour penser un au-delà possible et désirable du capitalisme, avec ses traits et ses caractéristiques propres ?
Vous êtes invité.e à une rencontre-débat avec l’Université du Bien Commun.
Après une ouverture de l’événement par Annie Flexer et Laurent Jeanpierre, le débat entre ce dernier et Pierre Sauvêtre débutera, pour une heure, et sera suivi d’une heure de débat avec le public…
Avec :
Laurent Jeanpierre, sociologue et professeur de science politique à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne
Pierre Sauvêtre, maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Nanterre et chercheur au laboratoire Sophiapol
Le post-capitalisme n’est pas un vœu pieux ni une lubie de révolutionnaires attardés, il n’est plus une utopie simpliste, une vision exclusivement spéculative et pas non plus un programme déjà écrit, fût-il radical. C’est le nom d’un champ d’études pluridisciplinaires encore fragile qui se forme peu à peu depuis quelques années dans les centres de recherche et dans les luttes sociales. C’est le supplément qui faisait peut-être défaut à l’altermondialisme et aux critiques de plus en plus nombreuses et sophistiquées de la croissance et du capitalisme, qui n’ont pas pu ou su rendre l’anticapitalisme suffisamment désirable. C’est l’horizon qui pouvait manquer à celles et ceux qui ont voulu croire qu’il n’existait « pas d’alternative » au néolibéralisme ou bien qu’il est plus facile, aujourd’hui encore, d’« imaginer la fin du monde que d’imaginer la fin du capitalisme ».
Mondes postcapitalistes (La Découverte), un ouvrage paru cette année et coordonné par l’historien Jérôme Baschet et le sociologue Laurent Jeanpierre, avec près de 80 autrices et auteurs venus de plusieurs disciplines et continents, explore ou synthétise pour le public francophone quelques-unes des questions et surtout des dilemmes que pose aujourd’hui, sur des bases renouvelées, le projet de dépassement du capitalisme.
Les échecs moraux, politiques et environnementaux des régimes se réclamant du communisme, tout comme l’ampleur de la crise écologique qui menace, à moyen terme, l’habitabilité de la Terre et la survie des espèces, ont modifié en profondeur les coordonnées du problème postcapitaliste par rapport à ce qu’elles étaient au cours des deux derniers siècles d’histoire des socialismes. Il s’agit en définitive de penser l’après-capitalisme au-delà de l’économie : comme une manière alternative d’expérimenter la vie commune, les institutions, les savoirs, les affects et les milieux de vie.
Dans la positivité de ces mondes postcapitalistes tels qu’ils peuvent être imaginés — et parfois déjà pratiqués — la notion de commun tient une place cardinale, à côté d’autres concepts (commune, reproduction, soin, proportionnalité, autogouvernement, etc.).
Comment rendre compte de cette centralité ? Avec quelle acception du mot, quelle cartographie politique des mouvements contemporains qui le portent ? Suivant quelles échelles et quelle articulation entre elles ? La notion et l’ambition du commun suffisent-elles, à elles seules, à fonder la normativité partagée des mondes postcapitalistes ? À en circonscrire la pluralité constitutive ?
Quelques réponses à ces questions récurrentes seront esquissées lors de cette rencontre.
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LES INTERVENANTS
Laurent Jeanpierre – sociologue et politiste, est professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et chercheur au Centre européen de sociologie et de science politique. Dans le cadre théorique d’une sociologie des possibles (avec Haud Guéguen, La Perspective du possible, La Découverte, 2022), il travaille en particulier sur les mouvements sociaux, les révolutions et les alternatives préfigurant des rapports sociaux postcapitalistes. Avant Mondes postcapitalistes (avec Jérôme Baschet, La Découverte, 2026), il a notamment publié Une histoire globale des révolutions (avec Ludivine Bantigny, Quentin Deluermoz, Boris Gobille, Eugénia Palieraki, La Découverte, 2023).
Pierre Sauvêtre – est maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Nanterre et chercheur au laboratoire Sophiapol. Ses travaux portent notamment sur le néolibéralisme, le communalisme et l’écologie politique. Il est, récemment, l’auteur de Murray Bookchin ou l’objectif communocène. Écologie sociale et libération planétaire (L’Atelier, 2024), et a codirigé, avec Christian Laval et Ferhat Taylan, L’Alternative du commun (Hermann, 2019). Il est l’auteur de l’entrée Commun dans Mondes postcapitalistes.
L’Université du bien commun à Paris
Identifier, faire connaître et reconnaître les biens communs comme des spécificités démocratiques, écologiques, économiques et juridiques.
Initiée en 2017 par Riccardo Petrella, Frédéric de Beauvoir et Cristina Bertelli – avec Yovan Gilles et la revue Les périphériques vous parlent -, rejoints par les membres fondateurs, l’Université du bien commun à Paris est dirigée par un comité de pilotage qui oriente et organise les activités.
Des intervenant.e.s, sympathisant.e.s et collaborateur.rice.s, un réseau de chercheur·e·s, spécialistes, juristes, praticiens de la biodiversité, des militant·e·s associatifs, des parlementaires et des collectifs de citoyens permettent d’affirmer son rôle d’Université, populaire et collégiale, de développer et de renouveler ses interventions, de suivre les évolutions concernant les biens communs en France et dans le monde.
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