Les systèmes alimentaires comme biens communs : perspectives du Mexique à la France

Rencontre
jeu 04 Juin

18h30 - 21h

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Mise à jour le 26/05/2026
Les systèmes alimentaires comme biens communs : perspectives du Mexique à la France

Cette session propose d’analyser les modalités de transition des systèmes agroalimentaires vers des modèles de gouvernance collective, en établissant un dialogue critique entre les réalités du Mexique et de la France.

avec
Claudia Rosina Bara, Karla Nicol Hernández Puente, Abril Campos Rivera & Sophie Halart, directrice de l’IEA de Nantes, sur une proposition de Claire Dehove
avec l’aimable participation d’Amélie Vion, interprète de l’espagnol au français.

Il est proposé d’analyser les modalités de transition des systèmes agroalimentaires vers des modèles de gouvernance collective, en établissant un dialogue critique entre les réalités du Mexique et de la France. Il s’agit de confronter le concept de « l’aliment comme bien commun » à la logique globale de coorporatisation et de marchandisation dans le contexte des deux pays.

Selon une approche de recherche-action, les autrices s’appuient sur leurs propres trajectoires au plan théorique et de la pratique du lien social pour explorer comment l’alimentation devient un territoire d’auto-organisation et de résistance. A travers les mouvements des Réseaux Alimentaires Alternatifs (RAA) au Mexique et d’autres formes de gestion collective des aliments, on identifiera leurs caractéristiques et les défis auxquels ils font face. Dans quel cadre conceptuel et organisationnel ces initiatives peuvent-elles parvenir à gérer l’alimentation de manière collective ?
C’est en s’appuyant sur l’étude qui a été menée sur de telles initiatives en France, lors de la résidence collective des chercheuses à l’IEA de Nantes, que sera explicité l’objectif de transférer les apprentissages du contexte mexicain comme base pour un dialogue transatlantique.

On tentera d’évaluer les défis et les opportunités qu’emportent ces initiatives, en mettant l’accent sur l’organisation sociale autour de la conservation et de la défense des semences libres, la production agroécologique, les économies alternatives et les espaces de consommation collective des aliments, notamment dans les écoles et en partant d’une perspective écoféministe qui privilégie la vie et le soin collectif plutôt que le seul bénéfice financier.

 

Les intervenantes :

  • Claudia Rosina Bara est professeure-chercheuse à la Faculté de Comptabilité et d’Administration de l’Université Autonome de Querétaro (UAQ), sur le campus d’Amealco de Bonfil, une région rurale et indigène de l’État de Querétaro au Mexique. De nationalité allemande et née en Roumanie, son parcours académique et professionnel est marqué par une riche diversité d’expériences interculturelles en Espagne, en France, en Égypte, au Canada, en Équateur et au Mexique, où elle réside depuis quinze ans. Titulaire d’un doctorat en Sciences de l’Environnement obtenu au Mexique, elle possède également une formation en agroécologie et en commerce international acquise en Espagne et en Allemagne. Son parcours académique et professionnel l’a conduite à développer au Mexique des projets de recherche et d’incidence sociale centrés sur l’agroécologie, les réseaux alimentaires alternatifs et la souveraineté alimentaire. Elle réside actuellement à l’éco-rancho Ar Däzu, situé dans une zone rurale indigène de l’État de Querétaro. Ce projet autonome incarne une gestion durable des ressources en eau, en énergie et en alimentation, reflétant son engagement envers des modes de vie écologiques et solidaires.
  • Karla Nicol Hernández Puente est née à Xalapa, Veracruz, au Mexique. Elle a obtenu sa licence en biologie à l’UniversidadVeracruzana, où elle a participé en 2008 à un programme d’échange étudiant à la Faculté des Sciences de la Vie et de la Terre de l’Université de Nantes. Elle a poursuivi une maîtrise en ressources biotiques et un doctorat en Sciences biologiques à l’UniversidadAutónoma de Querétaro (UAQ). Elle a suivi une formation en pratiques ethnographiques pour les études alimentaires, en agroécologie pour la durabilité, en agroforesterie et en herboristerie communautaire. Depuis douze ans, elle est chercheuse et enseignante au campus d’ingénierie d’Amealco de l’UAQ, où elle se consacre à l’étude des agroécosystèmes et de l’agrobiodiversité végétale au sein du paysage bioculturel autochtone de la région, en mettant l’accent sur leur potentiel pour le développement de modèles de durabilité, de santé et de souveraineté alimentaire. Elle a participé à des projets de recherche et de diffusion en agroécologie en tant que membre du Corridor étatique pour la durabilité à l’UAQ. Elle fait également partie d’un groupe de femmes documentaristes communautaires travaillant avec une perspective de genre pour promouvoir la langue hñäñho. Actuellement, elle rédige un livre sur la diversité et les usages non ligneux des arbres à Amealco et prépare un projet pour la création d’une banque communautaire de semences. Elle vit avec sa famille dans la communauté autochtone de San Miguel Tlaxcaltepec, à Amealco, où elle est membre du Comité communautaire de la Foire du maïs et de la milpa, promouvant l’échange de semences et de savoirs en faveur de la souveraineté alimentaire et de la santé.
  • Abril Campos Rivera est professeure-chercheuse à l’École d’Administration Publique et de Transformation Publique, où elle dirige le Centre de Recherche et d’Impact sur les Preuves et l’Action pour l’Équité en Santé. Elle est titulaire d’un doctorat en santé publique de l’université Harvard et se spécialise dans la mise en œuvre de politiques publiques visant à améliorer la santé mondiale. Elle a notamment travaillé à l’Organisation mondiale de la santé à Genève, au cabinet du président du Mexique et à la Fondation Carlos Slim, où elle a dirigé des initiatives en faveur de la couverture universelle et du renforcement des systèmes. Elle a vécu et collaboré dans des pays tels que le Ghana, le Kazakhstan et l’Inde. Elle dirige actuellement des projets de recherche appliquée visant à influencer la politique alimentaire nationale, en mettant l’accent sur l’équité en matière de santé.
  • Sophie Halart est directrice de l’Institut d’Études Avancées de Nantes (IEA) depuis 2024 et Professeure associée en Histoire de l’art à la PontificiaUniversidadCatólica de Chile. L’IEA accueille chaque année une communauté interdisciplinaire de chercheurs et créateurs du monde entier autour d’une recherche engagée, curieuse et généreuse. Son projet scientifique s’organise autour de trois axes : Hospitalité, qui interroge les conditions de la liberté intellectuelle et l’accueil des chercheurs en exil, avec une attention particulière aux épistémologies non-occidentales et minorisées ; Création, récits et savoirs spéculatifs, qui explore les croisements entre création artistique et enquête scientifique pour reconfigurer les savoirs, expériences et futurs possibles ; et Habitabilité, communs et interdépendances, qui porte sur l’habitabilité planétaire, la gouvernance partagée des ressources naturelles, sociales et épistémiques. Ces orientations se déploient à travers trois chaires thématiques structurantes : Arts, sociétés et mutations contemporaines, Habiter au prisme des limites planétaires et Communs : savoirs, pouvoirs et crises.
  • Claire Dehove, artiste diplomate, est directrice de WOS/agence des hypothèses. Elle est ambassadrice des Communs et ambassadrice de la MétaNation(ambassade créée avec Quebracho Théâtre en 2018 au Centre Pompidou, puis à la Bellone/Bruxelles, à la Biennale de Lyon au CAP St-Fons, à la Zico House de Beyrouth en 2023 et à l’Institut français de Yaoundé, Cameroun en 2025). Claire Dehove est agrégée d’Arts plastiques, Dr en Esthétique et Sciences de l’art, membre du COPIL et intervenante de l’Université du bien commun de Paris et chercheuse au PAS/Praxis Art Sororité lab. FMM2026 

L’UNIVERSITÉ DU BIEN COMMUN À PARIS
Identifier, faire connaître et reconnaître les biens communs comme des spécificités démocratiques, écologiques, économiques et juridiques.

Initiée en 2017 par Riccardo Petrella, Frédéric de Beauvoir et Cristina Bertelli – avec Yovan Gilles et la revue Les périphériques vous parlent -, rejoints par les membres fondateurs, l’Université du bien commun à Paris est dirigée par un comité de pilotage qui oriente et organise les activités.

Des intervenant.e.s, sympathisant.e.s et collaborateur.rice.s, un réseau de chercheur·e·s, spécialistes, juristes, praticiens de la biodiversité, des militant·e·s associatifs, des parlementaires et des collectifs de citoyens permettent d’affirmer son rôle d’Université, populaire et collégiale, de développer et de renouveler ses interventions, de suivre les évolutions concernant les biens communs en France et dans le monde.

https://www.universitebiencommun.org


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