La fuite en avant technologique s’impose à nous dans tous les aspects de notre vie tant sur le plan social et collectif que dans notre sphère plus intime. Les analyses des grands penseurs technocritiques nous exposent l'urgente nécessité de nous émanciper de l'imaginaire technologique dominant afin d'habiter la Terre en commun.
Vous êtes convié.es à une rencontre-débat avec l’UNIVERSITE DU BIEN COMMUN A PARIS (UBC. Paris) animée par Annie Flexer et Edouard V. Piely (membres co-fondateurs de l’UBC.Paris).
Les intervenants sont
- François Jarrige, historien (Université Bourgogne-Europe)
- Edouard V. Piely, journaliste indépendant
Dès 1954, dans La Technique ou l’enjeu du siècle, le sociologue Jacques Ellul montre que la fuite en avant technologique s’impose à nous dans tous les aspects de notre vie, tant sur le plan social et collectif que dans notre sphère plus intime. Il expose aussi, un peu plus tard, « la nouveauté de ce temps où l’expérience la plus profonde de l’Homme n’est plus celle de la relation avec la nature. […] L’expérience fondamentale de l’Homme d’aujourd’hui est celle du milieu technique (la technique ayant cessé d’être médiation pour devenir le milieu de l’Homme). » (1)
Les réflexions et propositions pour le monde à venir sont pléthore pour tenter de répondre aux défis de l’évolution de nos sociétés et de notre planète. Nous avons exploré, à l’Université du bien commun à Paris, des tentatives et expérimentations tendant à échapper à la logique de l’emprise technologique et du profit financier à tout prix, cherchant à retrouver le sens du vivant : initiatives du monde paysan, démarches low-tech, bifurcations professionnelles, utopies communautaires… Pour mieux appréhender l’importance de ces initiatives au regard des enjeux du siècle, nous vous proposons d’explorer les origines de la dérive du monde contemporain à travers les analyses de penseurs technocritiques (Günther Anders, Ivan Illich, Lewis Mumford…), notamment de Jacques Ellul, pour qui, au-delà des idéologies du XXe siècle, au-delà du capitalisme ou du communisme, au-delà des trajectoires propres à chaque secteur industriel, nous sommes passés à la « société technicienne », à un véritable encadrement du réel.
Il semblerait que la réponse aux bouleversements écologiques et au dérèglement climatique de la planète doive commencer par le changement de notre « climat » tel que défini, au figuré, par le Trésor de la langue française : « conditions ambiantes (conditions d’existence, de fonctionnement, etc.), cadre ; ces conditions en tant qu’elles confèrent une unité, un ton (mode d’être, de penser, etc.). » Suggestion déjà évoquée à l’UBC.Paris lors de la session Edouard Glissant : le changement d’imaginaire & l’utopie (9 mars 2023).
« Il s’agit de faire naître chez l’être humain l’idée de sa propre capacité à se libérer de l’imaginaire technicien et de l’emprise politico-industrielle, préalable au véritable exercice de sa liberté. » (2)
« La transgression à l’égard de la technique prendra la forme de la destruction des croyances que l’homme met dans la technique ». (3)
Dans cette perspective, François Jarrige et Edouard Piely discuteront avec nous de l’urgence de la technocritique, en abordant ses enjeux sociaux, démocratiques et environnementaux.
(Citations extraites de : 1.Jacques Ellul. Les nouveaux possédés [1973]. Paris, Éditions Mille et une Nuits, 2003 ; 2.Edouard V. Piely. Jacques Ellul. Face à la puissance technologique. Paris, Éditions de L’Escargot, 2024 ; 3.Jacques Ellul in : Jacques Sojcher et Gilbert Hottois. Ethique et technique. Bruxelles, Éditions de l’université de Bruxelles, 1983.)
Les intervenants
François Jarrige est historien. Il est maître de conférences à l’Université Bourgogne – Europe. Ses travaux explorent l’histoire des mondes du travail, des techniques et de l’industrialisation à l’aune des enjeux sociaux et écologiques.
Il a publié notamment :
Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences. Paris, La Découverte, 2014 (rééd. en 2016).
On arrête (parfois) le progrès, Histoire et décroissance, Paris, L’Échappée, 2022 (coll. Le pas de côté).
Décroissances. Regards croisés sur les urgences du temps (dir. avec Hélène Tordjman). Paris, Le passager clandestin, 2023.
La ronde des bêtes. Le moteur animal et la fabrique de la Modernité. Paris, La Découverte, 2023.
La nature en révolution. Une histoire environnementale de la France, 1780-1870 (vol.1), par Jean-Baptiste Fressoz, Frrançois Jarrige, Thomas Le Roux, Corinne Marache, Julien Vincent. Paris, La Découverte, 2025.
Edouard V. Piely est journaliste indépendant. Son travail porte sur la place qu’occupe la technique dans nos sociétés, particulièrement le développement numérique. Il est également membre de la rédaction du média en ligne Sciences Critiques. Engagé dans les luttes sociales et écologistes, il participe aussi, depuis 2014, aux travaux et actions de l’association Technologos.
Il a publié récemment : Jacques Ellul. Face à la puissance technologique. Paris, Éditions de L’Escargot, 2024.
L’UNIVERSITÉ DU BIEN COMMUN À PARIS
Identifier, faire connaître et reconnaître les biens communs comme des spécificités démocratiques, écologiques, économiques et juridiques.
Initiée en 2017 par Riccardo Petrella, Frédéric de Beauvoir et Cristina Bertelli – avec Yovan Gilles et la revue Les périphériques vous parlent -, rejoints par les membres fondateurs, l’Université du bien commun à Paris est dirigée par un comité de pilotage qui oriente et organise les activités.
Des intervenant.e.s, sympathisant.e.s et collaborateur.rice.s, un réseau de chercheur·e·s, spécialistes, juristes, praticiens de la biodiversité, des militant·e·s associatifs, des parlementaires et des collectifs de citoyens permettent d’affirmer son rôle d’Université, populaire et collégiale, de développer et de renouveler ses interventions, de suivre les évolutions concernant les biens communs en France et dans le monde.
🥗☕️🍻 La Buvette de l’Académie est ouverte du mercredi au samedi de 11h à minuit !
Au déjeuner, venez déguster des plats végétariens, de saison et ultra locaux, avec des options végan et sans gluten, cuisinés par Yes We Camp. Au goûter, des gâteaux et pâtisseries et en soirée des petits plats à partager. À toute heure, bières, vins, boissons chaudes et fraîches !