Pourquoi la conversion écologique des agriculteurs français avance-elle si lentement, là où elle ne recule pas ? On pointe souvent du doigt le rôle de la grande distribution mais oublie ChemChina, Dupont, BASF ou encore Bayer, ces grands producteurs des pesticides qui ont tout à gagner à maintenir le statu quo actuel.
Débat organisé à l’occasion de la parution du livre L’Agriculture malade de ses coûts.
Avec :
- Sandrine Le Feur, agricultrice, députée à l’Assemblée dans la quatrième circonscription du Finistère (groupe Ensemble pour la République), Présidente de la Commission du Développement Durable et de l’aménagement du territoire.
- Bernard Del’homme, maître de conférences en gestion à Bordeaux Science Agro.
- Christian Mouchet, ancien professeur d’économie rurale à Agrocampus Ouest.
- Christophe Alliot, cofondateurs du Bureau d’Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne (BASIC).
Introduction et modération par Wojtek Kalinowski, co-Directeur de l’Institut Veblen
Le monde agricole est plongé dans une crise qui semble sans fin. Les dernières années ont été marquées par de fortes mobilisations des agriculteurs, en France et dans toute l’Europe. Ce mouvement contestataire focalise son mécontentement sur l’aval de la filière (la transformation, la distribution, les consommateurs), sur les normes écologiques et les administrations qui les représentent. À en croire les discours dominants, des prix trop faibles et des règles trop strictes seraient à l’origine du malaise agricole.
Cette lecture « de la ferme à la fourchette » passe sous silence un acteur central, véritable éléphant dans la pièce : l’amont de la filière, c’est-à-dire toute l’agro-industrie – du machinisme à la chimie des pesticides en passant par les engrais et les intrants pétroliers. On pointe du doigt l’oligopole français que constituent Carrefour, Leclerc, Auchan, Système U, Intermarché et quelques autres, mais on reste étonnamment silencieux sur l’oligopole mondial du marché des pesticides, dominé par quatre géants : ChemChina, Dupont, BASF et Bayer. Ce silence en dit long sur la double dépendance – économique et idéologique – des agriculteurs vis-à-vis de l’agro-industrie. Il suffit de consulter les publicités des journaux agricoles où machinisme et biochimie se taillent la part du lion pour comprendre le phénomène : l’aversion des agriculteurs pour l’écologie est nourrie par ces prescripteurs qui, pour leur part, ont tout à perdre d’une écologisation de l’agriculture.
L’Institut Veblen promeut les idées économiques et les politiques publiques qui font avancer la transition écologique. A travers leurs publications et leurs actions ils œuvrent pour une économie plus juste et respectueuse des limites physiques de la planète.
Pour un réveil écologique est un collectif d’étudiants et jeunes diplômés mobilisés face aux crises écologiques.
🥗☕️🍻 La Buvette de l’Académie est ouverte du mercredi au samedi de 11h à minuit !
Au déjeuner, venez déguster des plats végétariens, de saison et ultra locaux, avec des options végan et sans gluten, cuisinés par Yes We Camp. Au goûter, des gâteaux et pâtisseries et en soirée des petits plats à partager. À toute heure, bières, vins, boissons chaudes et fraîches !
