Le droit à la santé est un droit humain universel. Dans un contexte d’accès aux soins rendu de plus en plus inégalitaire par les politiques de privatisation de la santé, de nouvelles pratiques de soin émergent, associant patients et acteurs du soin, avec une volonté de transformation du système pour se réapproprier démocratiquement ce domaine.
L’UNIVERSITE DU BIEN COMMUN A PARIS et le collectif MEDICAMENT BIEN COMMUN vous invitent à une rencontre-débat proposée et animée par
Annie Flexer (membre co-fondateur de l’UBC.Paris) et Eliane Mandine (membre co-fondateur de MBC)
Avec :
Pierre-André Juven – sociologue, CNRS et maire adjoint de Grenoble
Anna Farmakidès – sociologue, bénévole pour les dispensaires autogérés en Grèce
Gwenaëlle Ferré – coordinatrice des projets au Jardin, Centre de santé communautaire et planétaire, à Bron
Lauranne Moussion – co-coordinatrice du Réseau des centres de santé communautaire
jeudi 25 septembre 2025, de 18 h 30 à 21 h
Le droit à la santé est un droit humain universel. A ce titre la santé doit s’entendre comme un bien commun social, et les différentes activités, les soins en ville ou à l’hôpital, les médicaments et les vaccins, en lien avec la Sécurité sociale, participant à l’effectivité de ce droit, doivent être compris comme biens communs.
Dans un contexte d’accès aux soins rendu de plus en plus inégalitaire par les politiques de privatisation de la santé, de nouvelles pratiques de soin émergent avec une volonté de transformation du système pour se réapproprier démocratiquement ce domaine.
L’intervention introductive de Pierre-André Juven portera sur les difficultés de l’offre de soins en ville (et en lien avec celle de l’hôpital public) et sur la nécessité de repenser le soin comme imbriqué dans le social. Cette nécessité, qui a une histoire longue, est portée depuis maintenant une vingtaine d’année par des acteurs du soin promouvant et développant des centres de santé communautaire. L’intervention reviendra brièvement sur l’histoire et les ressorts de la santé communautaire ainsi que sur sa capacité à répondre aux besoins de l’époque.
Les centres de santé communautaire (CDSC) sont des structures qui s’ouvrent à l’initiative de citoyen.ne.s et de soignant.e.s, participant du processus de réappropriation de la santé et répondant aux enjeux de santé actuels en pratiquant des stratégies de lutte contre les inégalités sociales. Avec un mode de fonctionnement horizontal et une approche interdisciplinaire, globale et intégrée de la santé, ces collectifs mettent l’accent sur la prévention et intègrent l’ensemble des déterminants écologiques et sociaux de la santé.
Anna Farmakidès parlera des dispensaires sociaux solidaires grecs comme réponse à la crise migratoire et économique.
À partir de 2012 les premiers dispensaires répondent aux problèmes de santé des migrants. Avec la crise économique de 2015, environ 30% de la population grecque se trouve sans couverture médicale. Une trentaine de dispensaires sociaux sont créés, initiative de citoyens et de personnel médical, sans financement public, pour soigner gratuitement. Les décisions non médicales se prennent en assemblée générale, avec la participation des patients qui le souhaitent. Ces dispensaires n’ont pas pour vocation d’être pérennes et revendiquent la reconstitution d’un secteur public robuste de santé, qui s’inspirerait de leur fonctionnement « horizontal ».
En France, on assiste depuis une dizaine d’années au développement de centres de santé communautaire, principalement dans des quartiers populaires.
Depuis 2021, certains ont choisi de se constituer en réseau, formalisé en 2023 en Réseau des centres de santé communautaire (RCDSC). L’objectif est de développer et promouvoir la santé communautaire et le modèle des centres de santé communautaire dans une optique de santé globale.
Ce réseau compte aujourd’hui 10 centres adhérents. Gwenaelle Ferré présentera l’un d’eux : le centre de santé communautaire et planétaire Le Jardin situé à Bron, en banlieue lyonnaise. Une quinzaine de salariés y travaillent et proposent des consultations de médecine générale, des ateliers de prévention et promotion de la santé, des entretiens de médiation en santé, des consultations par une infirmière spécialement formée (Asalée), des ateliers de soins collectifs et, surtout, un accueil inconditionnel. L’équipe met en œuvre des pratiques de santé communautaire, en favorisant l’implication des patients, la reconnaissance de leur expertise et la lutte contre les inégalités de santé. Le centre de santé développe également des pratiques de soin écologiques en favorisant, par exemple, des alternatives non médicamenteuses.
Lauranne Moussion, co-coordinatrice du réseau, en présentera le fonctionnement. L’objectif du réseau prend forme à travers l’élaboration et le portage de plaidoyers politiques sur les questions socio-sanitaires, l’échange des pratiques et des savoirs entre les différentes structures membres, et l’accompagnement des structures souhaitant développer une activité en santé communautaire.
En faisant de la santé et du vivant des biens communs universels à préserver, les initiatives de santé communautaire se posent en communs de la santé opposables à la marchandisation et à la financiarisation.
L’UNIVERSITÉ DU BIEN COMMUN À PARIS
Identifier, faire connaître et reconnaître les biens communs comme des spécificités démocratiques, écologiques, économiques et juridiques.
Initiée en 2017 par Riccardo Petrella, Frédéric de Beauvoir et Cristina Bertelli – avec Yovan Gilles et la revue Les périphériques vous parlent -, rejoints par les membres fondateurs, l’Université du bien commun à Paris est dirigée par un comité de pilotage qui oriente et organise les activités.
Des intervenant.e.s, sympathisant.e.s et collaborateur.rice.s, un réseau de chercheur·e·s, spécialistes, juristes, praticiens de la biodiversité, des militant·e·s associatifs, des parlementaires et des collectifs de citoyens permettent d’affirmer son rôle d’Université, populaire et collégiale, de développer et de renouveler ses interventions, de suivre les évolutions concernant les biens communs en France et dans le monde.
🥗☕️🍻 La Buvette de l’Académie est ouverte du mercredi au samedi de 11h à minuit !
Au déjeuner, venez déguster des plats végétariens, de saison et ultra locaux, avec des options végan et sans gluten, cuisinés par Yes We Camp. Au goûter, des gâteaux et pâtisseries et en soirée des petits plats à partager. À toute heure, bières, vins, boissons chaudes et fraîches !